问答题
Les transports aériens et maritimes
Les progrès gigantestques accomplis par l’aviation pendant la dernière guerre pouvaient faire penser que les transports aériens allaient concurrencer très dangereusement les transports maritmes, sinon à très bref délai pour le fret, du moins pour les passagers. Certains allaient jusqu’à prédire la fin de l’ère des grand paquebots. Dans quelle mesure ces pronostics se sont-ils réalisés ?
En ce qui concerne les marchandises, on vient de sortir su stade expérimental. Tant que le fret aérien était transporté avec les passagers, il ne pouvait prendre un bien grand développement. L’avion-cargo est, maintenant, devenu une réalité et il s’est même constitué à Paris, à la fin de 1948, une Bourse spéciale pour les affrètements aériens.
Le principal intérêt de la voie aérienne est évidemment sa rapidité. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce mode de transport permet notamment l’application d’un taux d’assurance assez faible, parce qu’il est fondé sur la durée du transport. Un autre avantage, fort appréciable pour les industriels, réside dans la réduction considérable de la durée d’immobilisation des capitaux investis en marchandises.
Par ailleurs, le transport aérien offre plus de souplesse et supprime bon nombre de rupture de charge, qui entra?nent chaque fois d’importantes dépenses de manutention de transit, ainsi que des avaries et manquants. Un exemple concret est donné par le transport d’oranges du lieu de production, en Afrique du Nord, à Paris, qui évite deux manutentions portuaires.
Les problèmes de réfrigération et d’emballage sont, en outre, très simplifiés et l’avion permet à cet égard de notables économies.
Mais, malgré tout, le prix du fret aérien reste si élevé que seules des marchandises de grande valeur et de petit volume, ou dont l’arrivée rapide offre un intérêts essentiel, peuvent le supporter. En dehors de la poste, dont il est indéniable que l’acheminement aérien a fait perdre dès maintenant aux compagnies de navigation de fort appréciables recettes, on peut donc dire que, pour l’instant, en ce qui concerne le fret, la concurrence de l’avion ne porte pas un préjudice très marqué aux lignes maritimes. Même si un abaissement notable de prix, qui semble amorcé dès maintenant, rendait cette concurrence plus sensible, il resterait toujours aux navires le transport des pondéreux.
Par contre, la situation peut para?tre plus inquiétante en ce qui concerne les passagers. En effet, à cet égard, l’avion offre, sur le paquebot, des avantages considérables. Tout d’abord, l’économie de temps présente, surtout pour l’importante clientèle des hommes d’affaires, un intérêt de premier ordre ... De plus, l’avion permet souvent de réduire les transbordements et d’éviter un transport ferroviaire (arrivée directe des Etats-Unis au Bourget, d’où il ne reste plus qu’un court trajet à accomplir pour être au centre de Paris, au lieu du débarquement à Cherbourg ou au Havre). Enfin, les lignes aériennes viennent de faire un effort notable vers la baisse de leurs tarifs, qui tendent à devenir inférieurs à ceux des paquebots. En particulier, elles cherchent à toucher une clientèle moyenne en utilisant des avions de plus forte capacité, offrant un peu moins de confort. Cette orientation vers la ? démocratisation ? du transport aérien est sans doute l’aspect le plus caractéristique de son évolution actuelle. Alors que, jusqu’ici, la compétition était limitée aux premières classes, elle semble devoir s’étendre, maintenant, à la clientèle de classe unique ou de seconde.
La guerre des tarifs est donc ouverte. Diverses tentatives ont bien été faites pour réaliser entre compagnies maritimes et compagnies aériennes des accords de tarifs ou même des ententes de portée plus limitée, comme celles qui consistent à établir dans certains pays étrangers des représentations communes, permettent de réduire les frais généraux. Ces tentatives ont généralement échoué (...)
En réalité, le problème a cessé de présenter un caractère exclusivement commercial. Les Etats-Unis, en particulier, soutiennent par divers moyens leur aviation civile, dont la puissance aurait, dans l’hypothèse d’un nouveau conflit, un intérêt capital. Il y a donc là une intervention qui fausse le libre jeu de la concurrence entre lignes aériennes et provoque des baisses artificielles de tarifs, dont les compagnies de navigation maritime sont obligées de tenir compte. Sur ce point, comme sur bien d’autres, la situation politique internationale a sa répercussion dans le domaine économique.
Tous ces facteurs contribuent donc à faire de l’avion un rival redoutable pour le paquebot. Mais ce dernier conservera, sans doute pendant longtemps encore, de sérieux avantages.